The Day the Music Died
nom donné à l'accident d'avion dans lequel plusieurs célébrités sont mortes le 3 février 1959
Le , les rockeurs Buddy Holly, Ritchie Valens et The Big Bopper et leur pilote Roger Peterson meurent dans un accident d'avion près de Clear Lake dans l'Iowa, aux États-Unis, événement surnommé en 1971 The Day the Music Died (en français : « le jour où la musique est morte ») par l'auteur-compositeur Don McLean dans sa chanson American Pie.
Lorsque cet accident survient, Buddy Holly et son groupe, composé de Waylon Jennings, Tommy Allsup et Carl Bunch, jouent depuis une semaine sur la tournée « Winter Dance Party » à travers le Midwest. Les autres artistes, Valens et Richardson, les accompagnent sur la tournée. Entre deux dates, les artistes et leurs accompagnateurs doivent supporter de longs trajets, à bord d'un bus si inconfortable que certains attrapent la grippe et des engelures. Après un spectacle à Clear Lake, lassé de ces conditions difficiles, Buddy Holly décide d'affréter un avion pour se rendre au concert suivant, prévu à Moorhead dans le Minnesota. Dans l'avion, Richardson qui a la grippe, prend la place de Jennings, et Valens prend celle d'Allsup après l'avoir gagnée à pile ou face.
Peu après le décollage, tard dans la nuit, le pilote perd le contrôle de son avion, un monomoteur Beechcraft Bonanza, qui s'écrase dans un champ de maïs, tuant les quatre personnes à bord. Le rapport d'enquête met en cause l'imprudence du pilote d'avoir entrepris le vol en VFR malgré des conditions météorologiques hivernales difficiles, la présence d'un horizon artificiel inhabituel, qui a pu le désorienter, et l'insuffisance du dossier météo, qui ne l'a pas alerté des mauvaises conditions de visibilité.
Un monument a été érigé sur le lieu du crash, qui est évoqué dans plusieurs chansons et films. Un concert a lieu tous les ans depuis 1979 à Clear Lake en la mémoire des artistes, dans la salle où ils se sont produits pour la dernière fois.
Contexte
En , Buddy Holly se sépare du groupe The Crickets. Pour le début de la tournée Winter Dance Party (« Fête de la danse hivernale »), il fait appel à Waylon Jennings à la basse, Tommy Allsup à la guitare, Carl Bunch à la batterie, et Frankie Sardo pour le chant. La tournée doit desservir 24 villes du Midwest en 24 jours. À ce groupe, s'ajoutent de nouveaux artistes à la mode comme Ritchie Valens, J. P. « The Big Bopper » Richardson et Dion DiMucci (du groupe Dion and the Belmonts). Ceux-ci espèrent ainsi se faire une publicité à bon compte et augmenter leurs ventes.
La tournée commence le à Milwaukee dans le Wisconsin. Rapidement, des problèmes de logistique apparaissent. Dans la planification des dates de concert, la distance entre les lieux de concert n'a pas été suffisamment prise en compte. De plus, le bus de la tournée n'est pas correctement équipé pour convenir aux conditions locales. Presque dès le départ, à Appleton, le chauffage tombe en panne. La grippe se répand parmi les musiciens ; quant au batteur Carl Bunch, il est hospitalisé à Ironwood, dans le Michigan, pour de sérieuses engelures aux pieds. Le groupe échange son bus contre un bus scolaire et continue le voyage. La troupe de Holly se serre les coudes ; à Green Bay dans le Wisconsin, et à Clear Lake dans l'Iowa, Holly, Valens, et DiMucci se remplacent mutuellement à la batterie pendant les spectacles.
Le lundi , la troupe arrive à Clear Lake, dans l'Iowa ; cet arrêt n'est pas prévu, mais les organisateurs espèrent remplir encore plus le planning et donc les caisses de la tournée en ajoutant un concert supplémentaire. Ils appellent Carroll Anderson, gérant d'une salle de bal locale, et lui proposent un spectacle. Celui-ci accepte et programme un concert pour le soir même. Lorsque Buddy Holly arrive sur place, il décide qu'il ne peut plus supporter ces trajets en bus et décide d’affréter un avion pour le conduire, après le spectacle, à Fargo, dans le Dakota du Nord. Il est convenu que le reste de la troupe passe le prendre à Fargo avant de se diriger vers leur prochain arrêt, la ville de Moorhead, dans le Minnesota. Ceci doit lui permettre de s'épargner un trajet en bus et de se reposer un peu.
Plan de vol et désignation des passagers
Anderson, le gérant de la salle de bal, téléphone à Hubert Dwyer, qui dirige la compagnie Dwyer Flying Service à Mason City. Il lui demande d’affréter un avion pour l'aéroport international Hector à Fargo, l'aéroport le plus proche de Moorhead où doit avoir lieu le concert suivant. Le plan de vol est rédigé par Roger Peterson, un pilote local âgé de 21 ans. Le voyage doit avoir lieu dans un monomoteur de 1947 à l'empennage en V, un Beechcraft 35 Bonanza immatriculé « N3794N », prévu pour recevoir trois passagers et un pilote. La compagnie demande 36 dollars par passager.
Richardson, grippé, demande à Waylon Jennings de lui céder sa place dans l'avion. Buddy Holly, apprenant l'absence de Jennings dans l'avion, lance en plaisantant : « Eh bien, j'espère que vous allez tous vous geler dans votre vieux bus ! ». Jennings répond : « Eh bien, j'espère que vous allez tous vous écraser dans votre vieil avion ! ». Cette infortunée répartie le hantera ensuite toute sa vie.
Ritchie Valens, qui avait peur de l'avion quand il était plus jeune, demande à Tommy Allsup de lui céder sa place dans l'avion. D'un commun accord, ils décident de jouer la réponse à pile ou face. Bob Hale, un disc jockey qui travaille pour la radio KRIB-AM (en) et qui assiste au concert ce soir-là, est désigné pour lancer la pièce dans une pièce attenante à la salle de bal avant que les musiciens ne partent pour l'aéroport. C'est ainsi que Valens gagne son siège dans l'avion. Il aurait été proposé à Dion DiMucci de prendre cet avion, bien que la façon dont il aurait pu embarquer avec les autres ne soit pas bien établie ; mais DiMucci répond qu'un billet d'avion de 36 dollars (soit l'équivalent de près de trois cents dollars de 2016 en tenant compte de l'inflation) correspond au loyer mensuel que ses parents payaient pour l'appartement de son enfance et qu'il ne voulait pas se permettre un luxe pareil.
Décollage et crash
Une fois le spectacle terminé, Anderson conduit Holly, Valens et Richardson à l'aéroport municipal de Mason City. Au moment du départ, une neige légère est présente, le plafond est à 3 000 pieds (910 m), avec un ciel obscurci, une visibilité de 6 miles (9 700 m) et des vents de 30 à 50 km/h. La détérioration des conditions le long de l'itinéraire est prévue mais le bulletin météo que reçoit Peterson, le pilote, ne le signale pas.
Le mardi , à 0 h 55 (heure du Centre), l'avion décolle normalement de la piste 17 (aujourd'hui renumérotée 18). Dwyer, le propriétaire de la compagnie aérienne, observe le décollage de l'avion depuis une plateforme située à l'extérieur de la tour de contrôle. Il voit parfaitement la lumière de la queue de l'aéronef pendant le décollage. Ensuite, commence un virage à gauche avec cap au nord-ouest et une montée à 800 pieds. La lumière arrière descend ensuite progressivement, jusqu'à ce que Dwyer la perde de vue.
Autour de 1 h, Peterson n'entre pas en contact radio comme prévu. L'opérateur radio, sous l’insistance de Dwyer, tente à plusieurs reprises d'établir la communication mais aucune tentative ne réussit. Plus tard dans la matinée, Dwyer, toujours sans réponse de Peterson, décide de prendre un avion pour retracer le circuit prévu. Après quelques minutes, à environ 9 h 35, il repère l'épave à moins de 10 km au nord-ouest de l'aéroport. Le bureau du shérif, alerté par Dwyer, envoie l'adjoint du shérif Bill McGill sur le lieu du crash qui se situe dans un champ de maïs appartenant à Albert Juhl.
Le Bonanza a heurté le sol à grande vitesse, peut-être aux alentours de 270 km/h, et s'est enfoncé profondément à droite, le nez de l'appareil dans le sol. Le bout de l'aile droite a dû toucher la terre en premier, tandis que la carlingue a été projetée à travers le champ gelé à 150 m de là, avant de finir sa course contre une clôture de fil de fer à la limite de la propriété de Juhl.
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